BD: Annie Sullivan et Helen Keller

Une fois n’est pas coutume, je vais aujourd’hui vous parler d’une bande dessinée. La BD, c’est un domaine que je connais très peu; comme tout le monde, j’ai lu, petite, Astérix, Tintin, Mickey, Garfield… mais devenue adulte, la seule BD que je connaisse vraiment bien et dont je sois fan, c’est Calvin et Hobbes de Bill Watterson.

Bill Watterson qui fut justement primé au dernier festival d’Angoulême, événement au cours duquel Priceminister offre aux blogueurs l’opportunité de faire gratuitement la critique d’une des BD de la Sélection Officielle.

Ayant eu vent de cette opération grâce à fanny-bibou, je me suis inscrite et en consultant la liste des BD disponibles, j’ai tout de suite remarqué ce titre: Annie Sullivan et Helen Keller, de Joseph Lambert.

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L’histoire vraie d’Helen Keller, petite américaine devenue sourde et muette à la suite d’une maladie, à la fin du XIXème siècle en Alabama, m’était déjà familière. En effet, enfant, je possédais un livre nommé « Helen Keller, petite fille » relatant son histoire, livre que j’ai bien dû lire une bonne douzaine de fois tant l’histoire me bouleversait.

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Intriguée de redécouvrir cette histoire en BD, j’ai donc porté mon premier choix sur elle, et l’ai reçu quelques temps plus tard.

Le livre est un bel objet relié en carton rigide, de belles dimensions (31,2 x 21,6 cm). Il est publié aux Editions Cambourakis et  Ici et Là, et commercialisé au prix de 22€.

La couverture montre Helen et Annie assises dans un arbre, lisant un livre, et la quatrième de couverture offre un résumé de

l’histoire.

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L’auteur en est Joseph Lambert, un jeune dessinateur américain.Image

Il faut savoir que si, en France, Helen Keller est inconnue de la plupart des gens, aux Etats-Unis, elle est une véritable icône, célébrée chaque 27 mai lors du Helen Keller’s day. En 1962, le cinéaste Arthur Penn lui a consacré un film, « Miracle en Alabama ».

Etant totalement novice en BD, je vais me contenter de vous dire ce que j’ai ressenti en lisant cette BD, c’est à dire, en résumé, une immense émotion, pour l’histoire certes, comme lors de mon enfance, mais aussi pour le dessin et la transmission des sentiments.

L’histoire commence au moment où la jeune Helen, alors âgée de 6 ans et sourde et muette depuis ses 19 mois, est prise en charge par Annie Sullivan, elle-même malvoyante, préceptrice ayant appris la langue des signes à l’Institut Perkins. Helen est alors un véritable petit animal sauvage, vivant dans un monde de silence et d’obscurité que l’on peine à imaginer, mais transcrit par Joseph Lambert par un dessin pudique et extrêmement expressif.Image

Contrairement au livre pour enfants qui se concentrait sur Helen, la BD offre quelque chose de plus équilibré et encore plus axé sur l’incroyable relation qui va se nouer entre cette enfant sauvage et cette maîtresse extraordinaire qu, à force de persévérance et d’efforts incroyables, envers et contre tous, va parvenir à l’éveiller au monde.

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La grosse différence aussi avec le livre, c’est qu’on découvre la vie d’Annie avant son arrivée chez les Keller: son enfance misérable en orphelinat qui faisait aussi asile de fous, la mort tragique de son petit frère, seul être qui lui restait, et on comprend la naissance de son caractère d’une force et d’une ténacité folles. Ces pages décrivant l’enfance d’Annie sont bouleversantes.

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Le dessin de Joseph Lambert parvient à nous faire ressentir un peu ce que pouvait vivre Helen, à coups d’ombres, de décors dépouillés… la violence des rapports premiers entre Helen et Annie, l’opposition des parents d’Helen (surtout son père) devant les méthodes d’Annie, le désarroi de cette dernière, la frustration, les moments de découragement… tout est extrêmement bien montré, avec peu de mots et une émotion toujours présente.

 

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La BD m’a fait découvrir un aspect de l’enfance d’Helen que je ne connaissais pas: les accusations de plagiat dont elle a fait l’objet, enfant, à propos d’un conte qu’elle avait écrit pour l’anniversaire du directeur de l’Institut Perkins, et qui lui valut un interrogatoire imbécile et traumatisant, pour savoir si elle avait inventé ce conte ou si on le lui avait déjà raconté…

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Helen Keller, adulte, est devenue écrivaine, activiste et conférencière. Elle  écrit, entre autres, des autobiographies (Sourde, muette, aveugle : histoire de ma vie , Ma libératrice : Anne Sullivan) et décède en 1968 à l’âge de 88 ans.

Annie Sullivan décède en 1936, après 49 ans d’amitié discontinue avec Helen.

 

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Photographie d’Anne et Helen, en 1888.

Je ne sais pas si j’ai le droit d’appeler cette BD un chef d’oeuvre vues mes faibles références dans ce domaine. Toujours est-il que je l’ai lue quatre fois depuis que je l’ai reçue, et que je suis à chaque fois extrêmement émue par le destin incroyable de ces deux femmes.

 

 

 

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3 réflexions sur “BD: Annie Sullivan et Helen Keller

  1. Pingback: Tag: 10 livres qui comptent dans ma vie | De Quimper à Tel-Aviv

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