[Culte] Parle avec lui (He’s talking to you)

Taxi Driver

Je ne sais pas si vous êtes comme moi (mais chaque fois, ça me met en joie… ?)

Essaye encore !

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais il m’arrive régulièrement de réaliser que certains films dits « cultes » et qu’apparemment tout le monde dans l’univers a vus au moins une fois, eh bien moi jamais ! Même parfois j’ai honte ! Par exemple, je n’ai jamais vu en entier « Autant en emporte le vent »… je ne connais pas le film « Le corniaud » (houuuuuu), et je n’avais jamais, je vous le jure mesdames et messieurs, et ça me coûte de l’avouer, jusqu’à la semaine dernière je n’avais jamais visionné « Taxi Driver ».

Ah ça, si on m’avait demandé de parler du film, toute honteuse de ne l’avoir jamais vu, j’aurais certainement parlé d’un « film extraordinaire, chronique urbaine, nocturne et new-yorkaise de la vie d’un chauffeur de taxi incarné par un Robert de Niro au sommet de son art, et premier rôle d’une toute jeune Jodie Foster… » blablabla comme c’est facile de tromper son monde. C’est comme le corniaud, je sais pas grand chose sur ce film mais je peux argumenter sur le fait que « ça va marcher beaucoup moins bien, forcément ». Ca s’appelle la force d’adaptation.

Bref, la semaine dernière à peu près, je vois que sur une chaîne du câble va passer une demi-heure plus tard ce fameux film que je n’avais jamais vu, Taxi Driver. Là, mon sang n’a fait qu’un tour, j’allais pouvoir effacer un nom sur l’ardoise de mon ignorance, alleluia.

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Ca c’était la semaine dernière, donc maintenant je suis comme vous, j’ai vu. Et je m’en vais en parler en prime !

Réalisé en 1976 par l’aguerri Martin Scorcese, Taxi Driver met en vedette un Robert de Niro très jeune, très habilement secondé par un acteur à part que j’apprécie beaucoup, Harvey Keitel (incroyable et terriblement marquant dans le pourtant moyen Bad Lieutenant), ainsi que par une toute jeune fille qui n’allait pas tarder à se faire connaître internationalement, Jodie Foster. Le moins que l’on puisse dire de Scorcese, c’est qu’il sait choisir ses acteurs et détecter chez eux cette graine de folie et ce talent naissant qui fera d’eux des stars…

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Ce film fut d’emblée salué par le public mais aussi par ses pairs puisque Taxi Driver fut le récipiendaire de plusieurs Oscars, pour la meilleure photo, meilleur acteur masculin, meilleure actrice dans un second rôle et, last but not least, meilleur film.

Au début de ce film, Robert de Niro présente à la caméra un visage presque poupon et infantile qu’il est difficile de comparer avec son faciès actuel, plutôt dur ; il joue le rôle d’un chauffeur de taxi, Travis Bickle, vétéran de la guerre du Vietnam. Il apparaît rapidement que la guerre a posé son empreinte sur Travis, comme elle l’a fait sur des milliers de jeunes Américains de cette génération, et qu’il lui est quelque peu ardu de reprendre sa place dans la société américaine et de revenir à la paix. Son statut de chauffeur de taxi semble lui convenir tout à fait, mélange de solitude et de rencontres fugaces. Un métier qu’il a d’ailleurs choisi parce qu’il souffre d’une insomnie chronique.
Contrairement à la plupart de ses collègues qui choisissent soigneusement les quartiers et les clients acceptables, Travis va partout et embarque tout le monde, sans prêter attention au danger éventuel. Ceci a pour conséquence de lui faire découvrir tous les aspects de la Grosse Pomme, des quartiers les plus select aux bas-fonds les plus repoussants. Bien vite, Travis perd toutes les illusions qui lui restaient à cause de ce qu’il appelle « the scum on the streets » (j’ai vu le film en anglais), c’est à dire les prostituées et leurs macs, les dealers de drogue, et toute la petite ou grosse criminalité que l’on trouve dans toutes les grandes villes du globe.

Le film décrit parfaitement la descente de Travis en enfer, son cheminement vers ce que l’on peut qualifier de semi-folie.

Une seule « pause-fraîcheur » vient éclairer cette inexorable descente aux enfers, sa rencontre et son bref flirt avec Betsy (Cybill Shepherd), blonde, jolie, lumineuse, intellectuelle et classe, qui travaille à la campagne d’un sénateur des Etats-Unis qui espère concourir pour la présidence. Malheureusement, leur embryon de relation se termine rapidement et abruptement quand Travis l’emmène voir un film érotico-pornographique pour leur premier rendez-vous officiel…Suite à cet échec, la santé de Travis, déjà en équilibre précaire, se détériore en flèche.

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Dès lors, il commence à fantasmer sur l’idée d’assassiner le sénateur pour lequel travaille Betsy, qu’il a par hasard pris dans son taxi un soir, et s’arme jusqu’au dents d’un arsenal de pistolets achetés au marché noir. Il s’intègre dans l’entourage de l’homme politique dans le but de le tuer pendant un de ses meetings.

Il arbore dès lors une coiffure « mohican » du meilleur effet, et nous assistons à ce moment culte de cinéma connu de tous (même ceux qui n’ont pas vu le film, la honte !!! ;-), le fameux « You’re talking to me ? »). Des moments qui nous donnent un aperçu des merveilleux moments de cinéma que De Niro nous offrira par la suite, et cette plongée rétrospective est assez fascinante.

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A plusieurs occasions, alors qu’il roule tranquillement dans son taxi, il croise la route d’une prostituée extrêmement jeune, 13 ou 14 ans probablement, Iris, incarnée par Jodie Foster, jeune prodige que Scorcese avait remarquée dans Alice n’est plus ici. Travis devient littéralement obsédé par la jeune Iris, et décide de tout mettre en œuvre pour la sortir des griffes de son souteneur, Sport (Harvey Keitel). Il faut d’ailleurs souligner la performance parfaite de Keitel dans le rôle de ce mac hippie improbable, avec cheveux longs, bandana et joint.

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A partir de sa rencontre avec Iris et Sport, le film plonge dans une violence graphique assez choquante, qui laisse très peu de place à l’imagination…ces scènes pourraient gêner certains publics par ses scènes explicites très féroces. Ce n’est donc pas un film tout public, le sang coule à flots.

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Il y a de nombreux autres moments très forts dans le film, par exemple quand Travis loue les services d’Iris pour pouvoir lui parler tranquillement et se rapprocher d’elle, et qu’Iris, totalement sans illusions, s’apprête à lui prodiguer une gâterie, ce qui le rend mal à l’aise et furieux. La façon dont Iris persiste à vouloir lui en donner pour son argent montre que cette quasi-petite fille a totalement perdu l’habitude que quelqu’un s’intéresse à elle pour autre chose que ses faveurs sexuelles, et cela est particulièrement triste et choquant, pour Travis comme pour les spectateurs.

Voici un pilier du cinéma américain et mondial des années 70, qui a parfaitement voyagé dans le temps. Si vous ne l’avez pas vu, je vous recommande vivement de le faire, sauf si vous êtes sensibles au sang… et même si vous l’avez déjà vu, je pense que d’autres visionnages peuvent mettre en lumière des détails et subtilités très intéressants.

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2 réflexions sur “[Culte] Parle avec lui (He’s talking to you)

  1. Oh là là ça fait une éternité que je ne l’aie pas revu ce film!! Jodie Foster est formidable. C’est une actrice que j’apprécie beaucoup.

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