[Film à voir] Kippour, un grand film de guerre

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La guerre dite de Kippour éclate le jour de la fête juive de Kippour, le 6 octobre 1973. Comme ce fut le cas aujourd’hui, Israël priait, jeûnait, les rues étaient vides de voitures mais pleines d’enfants à vélo, les synagogues emplies de croyants qui demandaient pardon, en attendant le chofar et la reprise de la vie quotidienne…

C’est ce moment que choisissent, avec un sens logique et militaire indéniable, les troupes syriennes et égyptiennes pour attaquer Israël.

Dans un premier temps, logiquement surpris par l’offensive, les Israéliens vont essuyer quelques défaites contre les forces alliées arabes. Mais, une semaine plus tard, les Israéliens reprennent le dessus, notamment grâce à un pont aérien américain qui les ravitaille en armes.

Le 22 octobre, un cessez-le-feu intervient à l’ONU entre tous les belligérants. Mais, c’est au tour d’Israël d’attaquer par surprise et d’encercler les Egyptiens dans le Sinaï.

La tension monte alors fortement entre les Etats-Unis, alliés d’Israël, et l’URSS qui fournit en armes la Syrie et l’Egypte. Devant le danger d’extension du conflit, Israël abandonne alors sa contre-offensive…

Pour les Occidentaux, cette guerre met clairement en danger leur « sécurité énergétique » : les pays arabes mettent en place un embargo sur le pétrole à destination de certains Etats soutenant Israël. Six ans après la guerre, l’Egypte et Israël signeront la paix à Camp David, mais aucune paix globale ne sera atteinte dans les décennies suivantes.

Maintenant, entre Israël et l’Egypte, c’est assez calme et l’Egypte est représentée à Tel-Aviv ; quant aux relations avec la Syrie, c’est tendu mais ça va si mal en Syrie qu’on ignore comment cela va évoluer…

Le film est sorti en 2000 et réalisé par Amos Gitai. Il y raconte ses souvenirs personnels.

Le film commence par une très belle scène d’amour, qui sera le seul moment calme et beau avant 1h40 de sang et de souffrances. Un des deux héros du film, Weinraub, fait l’amour avec sa femme sur une toile…plein de peinture, ils vont créer une œuvre. Quand je pense que Kippour c’est normalement le seul jour de l’année où les relations charnelles sont interdites !!! 😉

Mais l’amour attendra…maintenant, c’est la guerre…

Donc Weinraub apprend que L’Egypte et la Syrie ont attaqué son pays : avec son ami Ruso, ils partent sur le plateau du Golan (sur le front syrien donc) pour essayer de trouver Egoz, l’unité spéciale dans laquelle ils ont fait leur service militaire. En vain, en ces premières heures, c’est le chaos et l’incertitude qui règnent.

Au cours de leurs recherches infructueuses, ils rencontrent Klauzner, un médecin qui cherche à rejoindre la base aérienne de Ramat David. Tous trois décident alors, de leur propre initiative, de rejoindre une unité de secouristes de l’armée de l’air.

Le reste, c’est vraiment un film de guerre, dur, brut et sans aucune complaisance… sans message politique non plus…on assiste à la guerre du côté israélien, certes, mais à aucun moment le réalisateur n’essaie de faire passer les Israéliens pour les gentils et les Syriens/Egyptiens pour les méchants…

Ce sont tous des hommes (et des femmes en Israël, où les hommes font 3 ans de servie militaire et les femmes 2) engagés dans un combat à mort qui les dépasse…toute personne qui dispose d’un peu de réflexion et de jugeotte (donc vous aussi, j’en suis persuadée !), comprendra que les souffrances israéliennes auxquelles on assiste sont exactement les mêmes de l’autre bord…

On va donc assister aux missions des 3 hommes : interventions pour récupérer des blessés, retour aux hôpitaux de fortune, souffrances, amputations, sang, mort… les images sont hyper réalistes, choquantes, brutes… pourquoi édulcorer la guerre ? doit-on le faire ? Je ne le crois pas…

A la fin, c’est un autre homme qui va rentrer chez lui… et on devine qu’il faudra toute la patience, l’amour et la douceur de sa femme (et pas mal de litres de peinture) pour permettre à Weinraub de reprendre le cours de sa vie.

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Amos Gitai est né en 1950 à Haïfa en Israël. Il étudie l’architecture dans son pays, puis en Californie, à l’Université de Berkeley.

Lui-même combattra, à l’âge de 23 ans, lors de cette guerre de Kippour. Difficile donc de dire qu’il ne sait pas de quoi il parle…

Ensuite, il travaille à la télévision israélienne. En 1982, il réalise un documentaire sur la guerre du Liban, intitulé Journal de Campagne…Ce documentaire est l’objet de vives contestations en Israël et Gîtai se voit contraint de s’exiler en France, où il ne cessera jamais de filmer.

En 1992, il revient enfin chez lui où il continue à réaliser de nombreux documentaires très engagés. Il réalise alors une trilogie sur les 3 grandes villes israéliennes : Tel-Aviv dans « Devarim », Haïfa dans « Yom Yom » et Jérusalem dans « Kadosh ». Cette trilogie est sélectionnée à Cannes.

En 2000, c’est donc Kippour, également présenté sur la Croisette. Et en 2002, il se retrouve une fois de plus à Cannes pour la présentation de Kedma.

Il participe également à la réalisation de September 11, film composé de plusieurs documentaires très personnels réalisés par différentes personnes (Lelouch, Sean Penn, Ken Loach, Youssef Chahine…) en réaction aux attentats du 11 septembre 2001.

Suivront Terre Promise, Alila, Free Zone, Désengagement, Carmel…

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Liron Levo joue le rôle de Weinraub. Né le 22 janvier 1972 en Israël, il est un acteur fétiche d’Amos Gîtai puisqu’il a participé à Kippour, Kedma, September 11 et Alila.
Tomer Ruso joue Ruso.
Uri Ran Kauzner joue le docteur Kauzner.
Avec également Yoram Attab, Guy Amir…

Sur le DVD, vous trouverez des bonus fort intéressants : un documentaire passionnant tourné en 1996 par Amos Gîtai en caméra Super 8: retour sur son expérience personnelle de la guerre du Kippour (durée 60 min), et des références géo-historiques sur le conflit Israélo – arabe.

Il y a des scènes très violentes, forcément c’est la guerre, alors je ne le recommande pas aux moins de 16 ans.

Il dure 123 minutes, ce qui fait 2h03,wouah j’y suis arrivée et pourtant je suis une littéraire ! 😉

Un beau film de guerre qui s’attache à nous montrer les événements d’un point de vue humain et non stratégique ni exhaustif… très bien filmé, au plus près des événements, très bien interprété, un film que je vous conseille si vous aimez l’histoire dans l’Histoire.
Merci de votre lecture…

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Une réflexion sur “[Film à voir] Kippour, un grand film de guerre

  1. Très beau film, je n’ai pas les bonus. Violent en images à voir, à vivre et à s’imaginer. Violent comme la guerre, en effet 😉

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