[Film culte] J’aurai vécu d’avoir aimé

Joel Barish (Jim Carrey) et Clémentine Krcuzynski (Kate Winslet) sont comme l’eau et le feu…Il est timide et réservé, elle est voyante et impétueuse ; même ses cheveux semblent crier « regardez-moi, je suis là !!! » dans leur alternance de rouge, de vert ou de bleu. Jusqu’à récemment, ils vivaient ensemble, mais après leur rupture Clémentine a pris la décision de rayer complètement Joel de sa mémoire, et pour ce faire, décide d’investir dans les services de la compagnie Lacuna, spécialisée dans ce genre de traitements. Et voici le disque dur de Clémentine totalement formaté de sa vie avec Joel…Effondré, ce dernier se rend à son tour dans le bureau minable du Dr Howard Mierzwiak (Tom Wilkinson) dans le but de subir le même traitement mais, alors, il réalise subitement que le prix à payer – perdre tous les bons souvenirs en même temps que les moins bons- est trop cher. Et tandis qu’un à un, les souvenirs de Joel concernant Clementine s’envolent inexorablement sous la houlette des employés de Lacuna, Patrick (Elijah Wood), Stan (Mark Ruffalo) et sa petite amie (Kirsten Dunst), Joel décide de se battre pour finalement conserver intacts les souvenirs de son amour inaltérable pour Clémentine…

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Une des premières choses à noter à propos d’ « « Eternal Sunshine of the Spotless Mind » est que sa structure est l’un des éléments clefs qui font que ce film est vraiment différent. On doit ce scénario à Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovitch donc, Confessions d’un homme dangereux avec George Clooney, Adaptation, Human Nature) et Michael Gondry, le petit Français, co-scénariste d’Human Nature avec le susnommé Kaufman, mais aussi Human Nature que je n’ai pas du tout aimé. Je suppose qu’il fallait bien être deux sur ce coup-là pour ne pas de perdre dans le scénario et voir ce qui risquait de fonctionner ou pas, car autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas un film à regarder en jouant aux fléchettes en même temps, il demande un minimum de concentration !

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Comme le superbe « Memento » de Christopher Nolan, que je ne saurais que trop vous recommander mais là n’est pas le propos, les souvenirs de Joel ne nous sont pas présentés de manière linéaire, ce serait trop simple ! D’abord, on assiste à la fin de leur relation, la rupture qui a mis le feu aux poudres. Habilement, Kaufman et Gondry ne vont pas s’en tenir à une seule formule, et vont faire du recel d’informations, les plus importantes évidemment, pour maintenir l’intérêt. La plupart des événements sont vus à travers Joel, son esprit et son subconscient, et parfois plusieurs intrigues se déroulent à l’intérieur d’une seule et même scène, d’où l’obligation de maintenir un minimum d’attention si on veut suivre ! Ce que j’ai trouvé le plus ardu, c’est quand les conversations entre les membres du staff de Lacuna s’invitent dans le subconscient et les souvenirs de Joel, et ont une incidence sur les événements qui se déroulent à l’écran. Ceci pouvait être potentiellement tout à fait perturbant, mais Joel garde un certain contrôle sur tout ça, et du coup nous aussi.

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Tout ceci ne fonctionnerait pas aussi bien sans le talent visuel dont fait preuve Gondry. Les scènes se mélangent de manière très satisfaisante et créent des images vraiment fortes. Prenons cette scène où Clem et Joel sont transportés, dans leur lit, sur une plage. Quand ils s’éloignent du lit, celui-ci disparaît. Une autre fois, Joel sortant d’une bibliothèque se retrouve directement dans l’appartement d’un ami, et quand la lumière s’éteint, la bibliothèque disparaît, ce qui rend les changements d’endroits et de situation fluides et subtils.
En soi, ceci crée certes quelques faiblesses avec la structure du scénario. Certaines parties ont visiblement été décrites si soigneusement dans le story-board que ceci a pu créer quelques problèmes dans le processus de montage. Il est fort difficile de couper une scène superflue ou répétitive, au montage final, si finalement cette coupure résulte en une rupture de la fluidité organisée au départ entre les scènes. On peut aussi, par moments, avoir l’impression que quelques-unes des scènes portant sur Lacuna ont pour seul but de nous embrouiller un peu davantage et auraient donc pu être supprimées, elles. Mais je suppose qu’il s’agissait là d’un véritable parti pris de la part de Kaufman. Finalement tout ceci s’imbrique bien, même si à mon avis, le film aurait pu être encore plus fort sans ces scènes que je juge superflues.

Parlons un peu de l’interprétation.
Le plus grand compliment que je puisse faire à Jim Carrey dans ce cas précis, sa prestation dans « Eternal Sunshine of the Spotless Mind », est qu’habituellement je ne l’aime pas, mais alors pas du tout. Sa tendance à la grimace simiesque, à l’exagération continuelle, à l’abondance d’émanations corporelles malodorantes et autres dérangements gastriques, au mieux me laissent de marbre, au pire me rendent hystérique. En faire toujours trop, pour un comédien, c’est selon moi faire la démonstration éclatante de sa médiocrité intrinsèque, et c’est l’opinion que je me faisais de Carrey avant de voir The Truman Show et Man on the Moon où, pour la première fois, j’avais pu constater qu’il y avait du talent de comédien dans cet homme-là.

Mais ici, je dirais qu’il fait véritablement une démonstration de son potentiel. Le visage de Carrey, quand il s’abstient comme ici de grimaces ridicules, sait vraiment faire passer des émotions exceptionnelles, la douleur, le désir, tout cela subtilement. Oui, mesdames et messieurs, on peut raisonnablement, depuis ce film, associer Jim Carrey au mot subtil… Si on m’avait dit ça…De manière fort raisonnable, Gondry et/ou Carrey ont laissé la part belle aux situations imaginées par les scénaristes et laissé l’esprit acéré et le sens de l’humour surréaliste de Joel faire le reste. Et bien que nous voyions le film à travers le regard de Joel et sommes souvent amenés à le plaindre, il y aussi des moments très émouvants où nous comprenons comment son attitude a contribué à l’échec de sa relation avec Clémentine.

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De même, Kate Winslet joue la volage Clémentine avec une forme de méchanceté qui nous permet de vraiment bien appréhender la situation initiale du couple. Méchante, elle peut assurément l’être, mais d’un autre côté, elle est drôle, imprévisible et attachante, et Kate Winslet se démarque ici assurément de la majorité de ses précédents rôles. Sur le papier, une histoire d’amour entre ces deux-là semble presque aussi irréaliste qu’un patin langoureux entre Bush et Saddam, mais finalement elle est très naturelle. Leurs moments d’intimité créent un sentiment de chaleur et d’amour très touchant. Non, rien à voir avec la Rose coincée du Titanic…

Les employés de Lacuna offrent aussi quelques rôles intéressants. Wilkinson est parfait en docteur sobre mais déterminé. Kirsten Dunst offre une prestation intéressante dans le rôle de Mary, même si son personnage est à mon sens moins attractif que celui de son fiancé, joué par l’étrange et agréable Mark Ruffalo. Et c’est sympa de constater la présence d’Elijah Wood et de constater qu’il peut jouer autre chose qu’un nain aux oreilles et aux pieds poilus.

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Avant de regarder « Eternal Sunshine of the Spotless Mind », je me demandais vraiment si j’allais aimer ou pas. C’est la présence de Carrey qui m’inquiétait le plus, je ne le voyais encore que comme un guignol grimaçant et sautant partout et je craignais qu’il gâche le film à lui tout seul. Finalement, c’est un film que je vous recommande vraiment ; c’est une histoire d’amour touchante et fortement peu conventionnelle tournée dans un style visuel percutant. Et, ce n’est pas toujours le cas, les scénaristes/ réalisateur ont pris le parti de faire comme si le public était doué de facultés mentales qui lui permettraient de réfléchir et non seulement d’avaler de la bouillie pré-mâchée, et de se poser un certain nombre de questions , parmi lesquelles je retiendrai celle-ci : Est-il préférable d’avoir aimé et d’avoir perdu son amour, ou de ne jamais avoir aimé ?

Merci de votre lecture, mes fidèles amis, et les autres !

Caractéristiques du DVD
——————————-

Réalisation: Michel Gondry
Acteurs: Jim Carrey , Kate Winslet , Kirsten Dunst , Elijah Wood
Editeur: Universal
Public légal: tous publics
Langue 1, Encodage 1 anglais, Dolby digital 5.1
Langue 2, Encodage 2 français, Dolby digital 5.1
Langue 3, Encodage 3 anglais, DTS
Sous-titrage: français
Format image: 16:9 compatible 4/3
Support: simple face double couche

Contenu du disque 1 :

– Le Film : Eternal sunshine of the spotless mind – Les commentaires audio de Michel Gondry et du scénariste Charlie Kaufman
– Le making-of du film
– L’interview de Jim Carrey et du Réalisateur Michel Gondry
– Les scènes inédites
– Le clip de la chanson  » Light & Day  » des Polyphonic Spree

Contenu du disque 2 :

– Le making-of de la scène sur Saratoga Avenue – Les trucages utilisés par Michel Gondry – Les souvenirs de tournage de Kate Winslet et Michel Gondry
– Les scènes supplémentaires

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Une réflexion sur “[Film culte] J’aurai vécu d’avoir aimé

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