Le bon, la brute et le truand (ou l’inverse)

Cover of "The Departed (Widescreen Editio...

Cover of The Departed (Widescreen Edition)

Le moins que l’on puisse dire est que le tout jeune flic Billy Costigan a été élevé dans l’univers du crime : la plupart des membres de sa famille sont, ou étaient, des criminels. Voilà qui fait de lui la taupe idéale, l’homme de l’intérieur parfait pour infiltrer la bande mafieuse dont le chef est Franck Costello (Jack Nicholson). Sa tâche est à la fois simple mais diablement périlleuse : gagner la confiance de Costello, ceci afin d’aider ses patrons dans la police (Mark Wahlberg et Martin Sheen), les deux seuls à savoir qu’il est un flic, à réduire Costello et sa bande au silence.

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Dans le même temps, nous découvrons dans le même département de police , Colin Sullivan (Matt Damon), un officier parfaitement digne de confiance, lui.

Il devient bientôt évident pour les forces de police qu’une taupe roulant (ou plutôt creusant) pour Costello a infiltré leurs services, ce dernier sachant toujours parfaitement où il peut se rendre, d’où il doit partir en temps et en heure pour ne pas se faire pincer. Colin Sullivan, notre fonctionnaire modèle plusieurs fois cité en exemple et promu, n’attire sur lui aucun soupçon ; qui pourrait en effet penser qu’il travaille pour Costello ? Ironiquement, plus tard dans le film, on place tant de confiance en lui qu’il est désigné pour trouver la taupe de Costello dans le département de police, c’est-à-dire finalement se trouver lui-même. (je ne dévoile rien de secret ici, ne vous inquiétez pas ;o)

Ce film est passionnant, avec de nombreux rebondissements, un scénario sans faille et un tempo très excitant.

Ce qui m’a gardée en éveil tout le film est bien sûr, en premier lieu, l’intrigue ; l’histoire se focalise sur des personnages que relient mensonges, dissimulation et trahisons. Sullivan est le mauvais flic, taupe de Costello, tandis que Costigan est le bon flic qui joue au bad boy, infiltré dans la bande de Costello pour le compte de la police… s’ensuit bien entendu un jeu de chien et chat fort captivant.

Un des thèmes principaux est la relation que chacun des deux entretient avec le vrai méchant du film, Costello, et leurs tentatives respectives pour se démasquer l’un l’autre. Vous êtes rapidement aspiré dans un tourbillon de mensonges, de trahisons, de manipulation, vous demandant sans arrêt à qui il faut faire confiance, vous faisant une opinion sur tel ou tel personnage, opinion qui ne demande qu’à voler en éclats comme la plupart des certitudes qui se forment en vous. Et même si parfois vous vous sentez complètement perdus et en pleine confusion, ce n’est que parce que Scorcese le veut ainsi ; pas de panique, à la fin du film tout sera clair pour vous ! Même si peut-être un peu frustrant, ou complètement jubilatoire, selon la puissance de votre sens moral et votre vision de la justice…
Une tension extrême ; du suspense ; de l’angoisse parfois; des informations données au compte-gouttes ; et cette question toujours : quand vont-ils se démasquer l’un l’autre, et qui en sortira vainqueur, si vainqueur il y a ?

Cette tension est accentuée par le fait que Costigan et Sullivan sont à plusieurs reprises extrêmement proches, ne serait-ce que par le fait qu’ils ont une relation intime avec la même femme… Le soufflé ne retombe jamais, et quand vous êtes sûrs de vous et croyez savoir exactement ce qui va se passer la scène suivante, patatra, tout recommence et vous entraîne dans des événements de plus en plus déroutants.

Ce film est un Scorcese, donc pas recommandé aux porteurs d’un pacemaker… comme souvent chez Scorcese, attendez-vous à un bain de sang… mais pas du sang qui coule gentiment, qui essaie de passer inaperçu, non, des geysers, des feux d’artifices de sang…Quand aux projectiles sortant des armes en direction des chairs tendres, ils ne m’ont jamais semblé aussi réalistes et bien filmés…cependant, si la violence est bien présente (les gangs se battant rarement à coups de bisounours en peluche), elle n’est jamais, selon moi, démesurée ou inutile. Sans violence, le film n’aurait pas cette portée, et il faut bien dire que le talent extraordinaire de Scorcese ne s’exprime jamais aussi bien que dans un affrontement au sommet entre gentils et méchants sur fond rouge. Cette violence augmente le suspense et la tension, jusqu’au paroxysme, un peu comme dans cet autre film de Scorcese que j’adore, Taxi Driver. Cette « peur » qu’un personnage auquel on s’est attaché au fil du film ne trépasse dans un bain de sang, ce désir que tel ou tel reste en vie et triomphe du mal, tout cela garde le spectateur dans une tension et une attention toujours accrues. Cela introduit également de l’émotion, des questions morales sur le bien et le mal, la recherche de la vérité, le courage, le dévouement, la corruption…

L’interprétation est bien sûr primordiale dans ce genre de film, et comme majoritairement chez Scorcese qui sait à la fois s’entourer et diriger, elle est parfaite dans « Les infiltrés ». Leonardo DiCaprio est décidément un excellent acteur, sa prestation est brillante et absolument crédible. Il montre une polyvalence très impressionnante dans son jeu d’acteur, passant aisément d’une sensibilité et vulnérabilité touchantes à une personnalité dure et brutale.

Matt Damon accomplit aussi une bonne performance dans un rôle difficile, même si je le trouve toujours un peu inexpressif, mais ceci n’engage que moi.

Mais l’acteur qui m’a le plus sidérée dans ce film est Jack Nicholson, que j’ai trouvé excellentissime dans le rôle du grand méchant chef de gang ; sa performance égale ici celle qu’il accomplissait dans des films comme Vol au dessus d’un nid de coucous ou Shining. Son faciès qu’il sait rendre inquiétant comme nul autre apporte un aspect sadique au film, tellement effrayant.

Les autres acteurs, comme Wahlberg ou Sheen, ou encore Alec Baldwin sont très bien aussi. Il n’y a pas de fausse note dans le casting et ces talents conjugués donnent un vrai sens réaliste à l’intrigue.

Sachez que « Les Infiltrés » est présenté comme un remake d’ »Internal Affairs », mais Scorcese n’a vraiment conservé que l’idée de départ et 2-3 scènes.

La couverture du DVD donne une bonne image de l’atmosphère de secret et de trahison qui va régner sur l’ensemble du film. On y voit Sullivan, Costigan et Costello, le visage grave, image réaliste résumant bien les difficultés qu’ils vont traverser tous les 3 pendant 151 minutes. Ils sont positionnés en triangle, le film étant lui-même un affrontement triangulaire.

Derrière le boîtier, des informations sur le synopsis, les acteurs, des extraits de critiques, des informations techniques…

Personnellement, on m’a offert l’édition collector avec 2 DVD, et donc plus de bonus que l’édition simple. Au menu : des scènes coupées intéressantes introduites par le réalisateur, un documentaire sur la violence au coeur de l’oeuvre de Scorsese, où le cinéaste évoque sa passion pour les films de gangsters des années 30 (25 minutes) et un autre sur l’histoire de la pègre de Boston et de Whitey Bulger, célèbre gangster qui a plus ou moins inspiré le mafieux joué par Jack Nicholson (21 minutes).

Vous trouverez l’édition simple à la fnac au prix de 19,99 euros, l’édition collector coûtant elle 24,99 euros. Sur amazon, on descend à 11,50.

Je vous recommande vivement ce film si vous aimez les thrillers musclés ET psychologiques, les acteurs motivés et les réalisateurs talentueux…

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