LE roman de la Passion et de la Haine

A portrait of Emily, painted by her brother Br...

A portrait of Emily, painted by her brother Branwell. (Photo credit: Wikipedia)

ImagePour mon premier article en catégorie « livres », j’étais obligée de vous parler du roman qui trône largement en tête de mon Panthéon littéraire.

Wuthering Heights, en français « Les hauts de Hurlevent », est une histoire d’amour tragique, et a été même appelé  » le grand roman de haine d’Emily Bronte. » Et d’une certaine manière, c’est vrai. Presque tous les personnages expérimentent des relations amour/haine et ne sont pas effrayés d’afficher cette haine. Une haine qui n’est pas normale chez une personne. Heathcliff est brisé après la mort de son amour, et la haine qu’il montre envers certaines personnes dans le livre n’est pas normale, et dérange plutôt qu’autre chose.

Emily a été élevée dans les hauteurs britanniques noyées de brouillard, et c’est aussi dans ces inquiétants décors qu’elle a situé ses hauts de hurlevent. Elle a été élevée avec ses deux sœurs – Charlotte (Le professeur, Jane Eyre) et Anne – (le locataire de Widfell Hall, Agnes Grey) et son frère Branwell. Ses deux autres sœurs étaient mortes très jeunes, et leur mère l’année après la naissance d’Anne. Ceci simplement pour montrer la tragédie qu’Emily a expérimentée dans sa jeunesse, les pertes qu’elle a dû gérer à un si jeune âge. Et son père, qui était un ministre, était si religieux qu’il n’a pas même eu le temps de s’affliger et n’a pas réalisé ce que lui et ses enfants avaient perdu. Il faut certainement chercher dans la jeune vie d’Emily les racines de l’écriture de ce qui est l’oeuvre de sa vie.

Le pitch

Donner un résumé de l’intrigue des Hauts de Hurlevent est l’une des choses les plus dures que j’ai dû faire en écrivant un avis. Non seulement l’intrigue est-elle très difficile à saisir, mais encore les Hauts de hurlevent se déroulent-ils sur une période de 30 ans, donc ladite intrigue est longue et plutôt confuse par moments. Le livre est écrit à la première personne, pourtant le narrateur change plusieurs fois dans le roman. Parfois c’est M. Lockwood, et d’autres fois Ellen Dean (la sœur d’Edgar, à un moment donné !), c’est pourquoi je pense vraiment que ce roman est un roman qui doit être lu deux fois, au minimum. Je crois que la première fois qu’on le lit, on digère l’intrigue; la seconde fois, on prend conscience de la LITTERATURE brillante qu’Emily a acquise, de son style. D’abord vient la compréhension, puis, plus tard, l’amour de ce roman. Les hauts de Hurlevent, c’est le contraire d’un livre qu’on lit une fois puis qu’on laisse jaunir sur une étagère…

Le roman commence par le récit de M. Lockwood à propos de sa visite à Wuthering Heights. Il loge dans la grange de Thrushcross, et il va voir M. Heathcliff qui possède ladite grange. A partir de ce moment, nous réalisons que Heathcliff sera le personnage principal de l’histoire. Immédiatement, il saute aux yeux que ce M. Heathcliff est une personne très étrange, extrêmement grossier envers M. Lockwood, et ne semble pas en éprouver l’once d’un remords. Il semble s’inquiéter seulement de lui-même, et cette première et rugueuse rencontre avec Heathcliff nous accompagnera tout au long du roman.

Le comportement de M. Heathcliff n’est pas la seule chose étrange dans les Hauts de Hurlevent. Il semble que toutes les personnes présentes dans la maison soient plutôt grossières voire légèrement dérangées. On dirait qu’elles éprouvent toutes, envers tout le monde, une forme aiguë de rancune, expliquant une ambiance continue de disputes et accrochages. La haine qui règne dans la pièce principale de la maison est évidente, dès le tout début, et je pense qu’Emily Brontë ne voulait surtout pas qu’on s’imagine qu’on allait lire un autre conte de fées. Dès le début, elle voulait imprimer sa marque.

Les personnes étranges qui hantent la pièce principale ont de l’importance dans le roman – il y a Joseph, qui est le maître d’hôtel de Wuthering Heights. De même que M. Heathcliff, Joseph est plutôt grossier envers M. Lockwood, et il ne semble pas très amical. Je trouve que Joseph est un personnage intéressant, dans la mesure où, à l’instar d’Ellen Dean, il a une opinion claire et tranchée sur tous les personnages et les événements de l’histoire. Je pense qu’un second roman eut été merveilleux avec le point de vue de Joseph. Sur 275 des 300 pages, nous avons le point de vue d’Ellen Dean sur les 30 années écoulées… je pense que connaître celui de Joseph aurait été très intéressant.

Il y a également Linton, qui est le fils Heathcliff, marié à Mme Heathcliff qui ne dit généralement rien quand M. Lockwood est présent, mais qui, quand elle s’y met finalement, crie et se comporte aussi de manière très grossière. Le portrait de ces caractères est très intéressant, et je pense, qu’à cette époque, les auteurs craignaient de rendre leurs personnages horribles et odieux dès le début du roman, de peur de perdre tous leurs lecteurs. Mais de plus en plus de personnes, moi y compris, réalisent maintenant que la qualité d’un roman ne réside pas principalement dans les qualités de ses personnages, voire même dans son intrigue, mais plutôt dans son écriture et sa capacité à créer une situation, une scène. C’est là que Wuthering heights est un roman brillant.

Toute la maison semble n’abriter que des personnes grossières. Des gens qui n’ont aucune attention les unes envers les autres, mais ne se préoccupent que d’elles-mêmes. Sont-elles égoïstes ? Ou, ont-elles une raison valable pour être telles qu’elles le sont? Quelque chose de si terrible leur est-il arrivé et les a marqués à jamais? Ces questions sont posées dans les tous premiers chapitres, et vous vous sentez vraiment accroché, happés, saisis. Vous voulez savoir. Pourquoi sont-ils ainsi? Que leur est-il arrivé?

Bronte était vraiment en avance sur son temps quand elle a écrit ce roman, et plutôt que de s’adresser à son public de l’époque, elle semble s’adresser à un public actuel…je trouve ça incroyable, touchant et merveilleux.

Avec des tonnes de neige s’accumulant dehors, M. Lockwood est effrayé de marcher les quatre milles qui le séparent de la maison à la grange, et demande donc un lit pour la nuit. Très contrarié, Heathcliff le lui permet, et Lockwood va se coucher. Cette nuit-là, il lit le journal intime d’une femme, qui est intitulé la « laiterie de Catherine». Catherine s’attribue différents noms de famille dans le journal : Catherine Earnshaw, Linton et Heathcliff. Après
quelques heures passées à lire les livres, il les pose pour dormir.
Puis, nous les lecteurs, atteignons une pièce où M. Lockwood est plongé dans un rêve. Il rêve que quelqu’un l’appelle de la fenêtre…..

 » L’horreur intense du cauchemar m’a submergé. J’ai essayé de retirer mon bras, mais la main s’est accrochée à lui, et la voix la plus mélancolique qui soit a supplié, « laissez-moi entrer, laissez-moi entrer » « qui êtes-vous? » ai-je demandé, luttant, en même temps, pour me dégager. « Catherine Linton, » a-t-elle répondu d’une voix tremblante (pourquoi ai-je pensé à Linton ? J’avais lu Earnshaw vingt fois plus souvent que Linton). « je suis revenue à la maison, je m’étais égarée dans la lande »

Volume I, chapitre III, page 21 (traduction personnelle)

A ce moment, M. Heathcliff le réveille, car son cri avait été entendu dans toute la maison. Très effrayé, M. Lockwood retourne chez lui, à la Grange. Je vous parle de cet extrait car, selon moi, c’est le moment le plus fascinant du livre.

À la Grange, il demande à sa bonne, Ellen Dean, l’histoire de Catherine Earnshaw, et de l’opposition intestine entre les deux domaines – Wuthering heights et la Grange de Thrushcross. Et aussi, comment Catherine Linton était en même temps la dame de ces deux domaines. Mme Dean nous raconte alors l’histoire de deux enfants qui étaient amoureux, comment leurs cœurs furent brisés, et jusqu’à quelle extrémité certaines personnes sont capables d’aller par amour… et par haine. Et c’est cela Wuthering Heights: une combinaison d’amour et de haine.

Les personnages

Tous les personnages du roman sont assez froids. Très peu ont éprouvé l’amour vrai, et s’ils l’ont expérimenté, cet amour les a rendus froids. Chaque personnage a, à son tour, commis quelque chose de mauvais. C’est pourquoi Wuthering heights n’a pas été souvent considéré comme un roman merveilleux car il est difficile de s’identifier à un personnage. Mais, à qui a besoin de personnages pour s’identifier? Nous avons Dickens, J.K. Rowling et l’autre Bronte pour faire cela pour nous. Emily crée la littérature- la littérature mémorable, appropriée, et de toutes façons je ne désire pas m’identifier à un personnage!

Catherine

Catherine est très gâtée. Quand elle est plus jeune (Ellen Dean nous ramène à l’époque où elle est une fillette) elle n’est pas égoïste, ne recherche pas l’attention, mais au fur et à mesure que nous avançons dans le roman, et qu’elle grandit, elle devient de plus en plus égocentrique. Je pense que c’est le personnage le plus abouti d’Emily au niveau du caractère. Catherine est une personne très chanceuse. Elle, à la différence de beaucoup d’autres gens,
avait trouvé son âme soeur, mais elle ne semble pas pouvoir assumer le fait que ne soit pas riche, et il est réellement très pauvre. C’est fondamentalement l’enjeu principal du livre –
le snobisme. Le snobisme de Catherine amène ainsi beaucoup de choses, et c’est pourquoi Catherine et Heathcliff ne sont pas destinés à rester ensemble. Quoique Catherine aime beaucoup Heathcliff, elle pense toujours à elle-même en premier. Elle essaye de persuader certaines personnes qu’elle pense aux autres, mais en fait, elle s’inquiète toujours et encore pour sa petite personne. Elle est condescendante envers les autres, particulièrement envers son seul amour, Heathcliff. Il y a même des moments où vous avez envie de balancer votre livre tellement elle est égoïste et manipulatrice.
Catherine est probablement le personnage que j’aime le moins. Elle est égoïste, et je n’aime vraiment pas la manière dont elle traite les autres.
Ceci étant dit, Emily décrit son personnage merveilleusement, et détester un personnage dans un livre est quelque chose qui m’arrive rarement, et c’est le talent d’Emily qui s’exprime ici. Je pense qu’Emily devait en quelque sorte aimer Catherine, elle a dû l’aimer pour la décrire avec tant de sensibilité et d’émotion.

Heathcliff

Heathcliff est né de parents inconnus. Le père de Catherine, M. Earnshaw, est parti en voyage à Liverpool et en a ramené ce petit garçon abandonné, trouvé errant dans une rue. M. Earnshaw semble être un bon Samaritain dans le livre, et voulait élever Heathcliff comme son propre fils. Heathcliff était d’abord une belle personne, qui aimait Catherine de tout son cœur. Mais, quand Catherine brise son coeur, il sait qu’il ne pourra jamais lui pardonner comme il l’a si souvent fait auparavant. Quoique cette émotion de l’amour soit toujours là, elle a été remplacée par une haine plus forte encore. Il essaye de la combattre, mais il n’y parvient pas.

Quoique son amour pour Catherine soit resté intact, il n’aurait probablement jamais pu l’aimer comme il le souhaitait, tant les obstacles étaient nombreux, essentiellement les défauts de Catherine. Heathcliff était un personnage que j’ai aimé, ou devrai-je dire, plaint. La plupart des personnes le détestent parce qu’il fait quelques choses horribles dans le roman, mais plus profondément, Heathcliff est une personne vraie, et il voulait simplement voir le droit d’aimer la femme qu’i avait choisie. Tristement, cette déception l’a changé en vrai monstre, et Heathcliff se transforme en quelqu’un de vraiment horrible et détestable. Il est rare qu’un auteur parvienne à vous faire changer d’opinion sur un personnage, de manière si rapide et si drastique, mais Emily y parvient. Pour moi, Heathcliff est l’archétype du personnage masculin romantique, dans le vrai sens de « romantique » qui mêle beauté sauvage (dans la représentation visuelle que je m’en fais), passion, cruauté et malheur.

Ellen Dean

Ellen est la bonne de M. Earnshaw, le père de Catherine, aux premières années de la vie de Catherine.
Un bon nombre de gens aiment d’Ellen, et pensent qu’elle est la personne plus gentille et la plus honnête dans le livre, mais je n’estime pas qu’Emily Bronte nous ait amenés à penser qu’elle tait si parfaite que cela. Ellen semble toujours juger les autres, alors même que ce ne sont pas du tout ses affaires. Catherine était en très grossière avec Ellen, et parce qu’Ellen n’obéissait pas à ses ordres, Catherine l’avait frappée. Ensuite Ellen resta toujours en froid avec sa maîtresse, et elle ne lui pardonna jamais. Bien que ce coup n’ait jamais été mentionné, il était évident qu’elle avait toujours gardé rancune, plus de vingt ans après, quand elle aurait du pardonner et oublier. Selon moi, Ellen n’est pas le meilleur personnage du livre, mais toujours donneuse de leçons et parfois très ennuyante.
Ellen est celle qui narre l’histoire entière, et ainsi nous finissons par connaître de mauvaises choses, assez anodines au demeurant, à son sujet, car elle ne va évidemment pas nous dire de terribles choses à son propre sujet!
Ceci m’amène à la conclusion que nous ne connaissons pas réellement la vraie Ellen Dean, quoiqu’elle nous ait dit au sujet de ses sentiments dans tout son discours. C’est toujours le problème du point de vue, dans un livre, et le fait que vous n’obteniez toujours qu’un point de vue de l’histoire. C’est vraiment dommage, car certains s’en servent pour dénigrer le livre. Mais, je pense simplement que c’est juste une des approches très différentes qu’Emily a adoptées.

Ces trois-là ne sont pas les trois seuls personnages ; en effet Wuthering heights a plus de quinze personnages en tout. Mais je pense que ces trois sont les seuls qu’il est utile de connaître pour ceux qui n’auraient pas encore lu le roman. Plus d’analyses de personnages donneraient des informations sur le déroulement et la fin du roman, et ce la ne me semble pas approprié dans la mesure où je veux pas gâcher une once de votre plaisir. Comme j’envie ceux qui ont encore à le découvrir…

Ce que j’en pense

C’est un roman à apprécier simplement par la lecture et pas en lisant de multiples avis à son sujet. Le mien suffira 😉

Car Wuthering heights est mon roman favori. Mais, et quoique ce soit mon roman favori, j’ai beaucoup de critiques à son sujet. Peut-être est-ce pourquoi ne serait pas si brillant sans ses défauts. Personne n’est parfait, et cela est tout à fait flagrant dans Wuthering Heights!
Après la lecture du roman, j’ai aimé le relire encore au moins quatre fois pour l’étudier avec soin, et essayer encore une fois de repérer ses défauts et ses qualités pour écrire cet avis. La première chose que j’ai trouvée excellente dans le roman est le moment où Catherine est apparue à M. Lockwood, censément dans son rêve. J’ai déjà cité le passage, mais j’ajouterai une phrase encore, pour vous rappeler de quoi je parle.

« Catherine Linton, » a-t-elle répondu d’une voix tremblante (pourquoi ai-je pensé à Linton ? J’avais lu Earnshaw vingt fois plus souvent que Linton). « je suis revenue à la maison, je m’étais égarée dans la lande »

La question posée par ce passage est – pourquoi est-ce que j’ai pensé à Linton ? Quoique M. Lockwood ait vu que Catherine écrivait Linton dans son journal intime, elle l’avait seulement mentionné par le passé, et je doute qu’il se serait rappelé de cela. Je pense que Bronte, ici, essayait de dépeindre que ce n’était pas un rêve.
J’estime qu’Emily Bronte essayait de nous indiquer avec cette question, que Catherine était venue réellement à M. Lockwood dans son sommeil, et avait réellement dit ces choses. Je pense que c’était seulement le commencement du sentiment de hantise de Wuthering heights, et Emily Bronte nous préparait pour un roman très froid où la hantise nous effrayerait de bout en bout. Puisque Wuthering Heights n’est pas, comme certains le décrivent, un roman d’amour– il hante, et parfois pourrait même être classé sous l’étiquette « roman d’horreur ».

La présentation des personnages du roman est traitée tout à fait merveilleusement. Emily Bronte décrit toujours le caractère, semble toujours leur donner ces particularités qui demeurent avec eux pour le reste du roman. Non seulement emploie-t-elle les bonnes comparaisons etc.., mais elle emploie également employé les mots distinctifs qui sont liés à ce caractère, que je trouve si justes, si appropriés, et qui montrent tellement son extraordinaire talent dans ce domaine.

Emily Bronte fait ce qu’un livre est censé faire, c’est à dire qu’elle imprime des images fortes et vivantes dans votre esprit tout en vous donnant plaisir et divertissement. Avant l’invention du film, nous n’avions pas (par définition) d’adaptations des livres à la télévision, particulièrement en 1847, date de la première édition de Wuthering Heights, et ainsi nous devions nous faire nos propres images dans nos têtes, c’est pourquoi tant de classiques ont une richesse descriptive, que peut-être nous pourrions trouver lassantes, mais à cette époque ils devaient la trouver intrigante et enrichissante. À cette époque-là, pensez que le récit descriptif était absolument crucial pour qu’une image s’imprime durablement dans l’esprit du lecteur, et le maintienne en haleine.

Le livre parfait?

Ce qui j’ai trouvé troublant dans ce livre, c’est le fait que la narration fasse des sauts entre M. Lockwood et Ellen Dean, et, quoique ceci se soit produise rarement, je trouve que cela crée un sentiment de confusion assez dommageable. Ce n’est pas un défaut rédhibitoire, loin de là, mais je trouve honnête de vous parler aussi des points un peu moins réjouissants du roman (toujours à mon avis, bien entendu!). J’estime qu’Emily Bronte aurait dû écrire toute l’histoire à la 3ème personne, et faire d’Ellen une simple narratrice qui aurait rapporté les événements du passé.

Une autre chose, qui, à mon avis, aurait rendu le livre encore meilleur, c’est le traitement fait du discours de Joseph. Dans toutes les publications modernes, il s’exprime comme Emily l’a écrit – en argot. Ses paroles sont presque impossibles à comprendre et à traduire, et si vous vous y mettez vraiment, vous risquez d’en sortir avec un sentiment d’énervement et de frustration. À mon avis, ce serait bien mieux, s’ils écrivaient le discours original puis, entre parenthèses, indiquaient ce qu’il signifie en anglais correct. Et ne me dites pas que je ne suis pas anglophone, car une amie anglaise, à la fac, éprouvait elle-même d’énormes difficultés à saisir les paroles de Joseph, et était tout à fait d’accord avec mon idée de « traduction ». Celle-ci ne ruinerait rien, puisque l’original serait toujours là, et rien
ne serait vraiment changé.

A part ces deux petites remarques, le roman est superbe. Non seulement raconte-t-il une histoire qui est intéressante, divertissante, mais encore bien écrite, se concentrant sur chaque aspect de la littérature, et affolant absolument l’imagination du lecteur. Mais, en 1847, on ne peut pas dire que le roman fut encensé comme je le fais maintenant…Alors qu’Anne et Charlotte obtenaient un succès et une critique brillants, Emily reçut un accueil terrible et en fut très affectée. Après la mort d’Emily en 1848, Charlotte brûla son deuxième roman, inquiète à l’idée que la critique démolisse sa soeur de nouveau. Ainsi, nous ne saurons jamais si Emily avait écrit la suite des Hauts de Hurlevent ou une histoire totalement différente. C’est l’un des plus grands mystères en littérature, et ce mystère s’ajoute au
sentiment de hantise du roman.

Wuthering Heights est un livre que plus jamais personne n’osera appeler de la « mauvaise littérature » ou un « gaspillage de papier ». Il est de loin, selon moi, meilleur que n’importe lequel de romans d’Anne ou de Charlotte, et que n’importe quel autre roman pour être plus claire encore. Je pense que jamais je ne me lasserai de le relire, parce que j’ai l’impression d’attraper une partie de la magie d’Emily à chaque fois…

Oui, je le clame haut est fort, Emily Bronte est un génie de la littérature, et son unique roman (hélas!) une pure merveille.

PS: Et tant que vous y êtes, écoutez donc la chanson que la merveilleuse Kate Bush a écrite en hommage au roman, et qui tout comme lui s’intitule « Wuthering heights »…

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Une réflexion sur “LE roman de la Passion et de la Haine

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